10 ans de bordavenir.fr ! Des projets aux réalisations, où en est-on?

Bonjour.

Bordavenir.fr fête ses 10 ans d’existence comme nous l’avons annoncé il y a peu sur l’accueil principal du site. Merci à tous et à toutes pour votre soutien et votre fidélité.

En attendant de trouver le temps de remanier les menus et l’interface, nous voulons saisir l’opportunité de faire un inventaire. 10 ans c’est à la fois peu et énorme. Bordeaux a connu une stabilité politique pendant près de 25 ans, et un changement majeur a eu lieu  en 2020. Surtout la ville a eu la continuité d’un projet urbain ambitieux et mené à bien, malgré aussi quelques ratés et retards. Ce sera l’occasion de comparer les rendus à la réalité de ce qui a été fait depuis 2011. Ci-dessous, comparaison du projet du pont levant Bacalan Bastide en 2008 devenu ensuite pont Chaban Delmas, probablement le plus imposant et le plus beau des projets que nous avons vu sortir de terre en 10 ans.

 

Pour cette rétrospective, commençons en suivant le plan initial du site par Bordeaux Centre historique et Mériadeck, dont nous avions retracé l’évolution historique jusqu’aux années 2010. La rénovation de Bordeaux centre, entammée par les quartiers St Pierre et des Chartrons sous Chaban Delmas a été accélérée de manière spectaculaire lors de la construction du tram et du ravalement total de l’ensemble des quais de la ville. Après 2010, la rénovation s’est poursuivie, et presque toutes les grandes places (et petites) du centre ancien ont été refaites, pour beaucoup devenues piétonnes. Notons aussi la Promenade Sainte Catherine (ci-dessous) sur l’ex-ilot Sud Ouest couplée au lycée de Cheverus remanié, qui est un exemple parmi tant de reconstruction de la ville sur la ville. La place Saint Michel a aussi été rénovée, jugée trop minérale, sans parler du souci de l’insécurité non réglé, espérons que cela évolue favorablement dans les prochaines années.

Il a été reproché souvent un manque de végétalisation, mais depuis 2020, la nouvelle mairie plante des arbres et des massifs sur les places rénovées en 2000, comme sur les places Pey Berland et st Projet. Le chantier le plus technique a été celui la place Tourny (très encombrée en réseaux) avec le passage du tram D et la place Gambetta, dont la transformation du jardin a généré de vives oppositions, depuis cependant la nouvelle place a amélioré la gestion des flux circulés et est plebistcitée.

A Mériadeck, on a eu une phase assez importante de nouveaux immeubles et de rénovations: tour de la CUB 2, immeuble de Bouygues, rénovation d’anciens bureaux, agrandissement du Conseil Généréal, on le voit les rénovations se sont faites surtout cours du Maréchal Juin, et continuent par ailleurs par de petites opérations. La Cité Municipale qui a proviqué la disparition de la Croix du Mail (immeuble en croix typique du quartier) et du square André Lhote a fait couler beaucoup d’encre. Avec (un peu) de recul qu’en dire? Le design initial n’a hélas pas été respecté, et la façade noire de métal au lieu de vitres, les angles droits au lieu des arrondis prévus, ou encore le manque de transparence de la partie haute ont été une grande déception, ceci lié aux surcoûts de chantier.

Surtout la suppression du tunnel prévue à la base dans la magnifique étude de Flint a été mise en suspens. Il y a eu cependant quelques bons éléments: création d’une place face au musée des beaux Arts (avec la remise en place de la fontaine vestige du quartier historique), semi piétonnisation de la rue Bonnier, rénovation (prévue) du centre Commercial les Passages (ilot Bonnac) qui assure une belle transition entre ville ancienne et nouvelle, aussi avec la rue st Sernin réduite pour laisser place aux terrasses.

Nombre d’immeubles ont été totalement rénovés intérieurment: Préfecture, tour de la Cub (décevante car finie au rabais), Poste centrale, Tours Allianz transformées en hôtel. Espérons que l’ilot nord qui est le plus ancien et oppressant soit embelli: tour 2000 sous utilisée, tour de Sèze, Jardins de Gambetta, parkings assez laids face à la rue Georges Bonnac. Les derniers hangars et garages sont remplacés par des projets de qualité comme l’ilot Eterna. Nous avons d’ailleurs élaboré avec Willam Boy des rendus pour suggérer une semi piétonnisation de la 4 voies surdimensionnée.

Espérons que le jardin Charles de Gaulle soit embelli, ansi que le centre commercial. L’ex Caisse d’Epargne semble ne pas avancer dans son projet de rénovation. Ailleurs de belles rénovations comme la Villa d’Albret (anciens bureaux) prouve que restructurer et changer les façades de vieux immeubles a un magnifique potentiel. Pour la dalle, elle est si dégradée par endroits et inaccessible que nous espérons un jour que la mairie se réveille pour soit la démolir partiellement (vers l’hôtel de Région vu son état), soit de créer des accès ailleurs. Après des formes assez disparates sur la tour Cub 2 à gauche, on a un retour à des projets mieux intégrés à l’architecture bordelaise avec Eterna à droite.

 

Pour le vieux centre ville du secteur sauvegardé, un souci inattendu et sous-estimé de la vétusté de certains anciens immeubles du centre-ville a fait récemment la une des journaux. Dans les années 1980-2000 avec la loi Malraux, beaucoup ont été démolis (hormis les façades) et rénovés, en détruisant hélas parfois de magniques escaliers et intérieurs. Mais après la rénovation réussie de st Pierre, st Paul et st Eloi, celle de St Michel et des secteurs adjacents s’avère plus délicate, en effet, il y a eu plusieurs effonfrements liés aux chantiers de rénovation et à la vétusté d’ilots insalubres, il y a donc urgence à agir (sans parler de l’insécurité croissante). Ci-dessous la rue médiévale de la Rousselle qui après l’effondrement soudain de 2 immeubles a les bâtiments voisins en arrêté de péril imminent, et il y a aussi des immeubles menacé aussi sont situés dans les rues Planterose et de Lalande.

Plus au nord des Chartrons, il reste quelques cours majeurs (Cours du Médoc, Cours st Louis et Edouard Vaillant par exemple) à rénover. Au sud, ceux de la Marne (très délabré après l’abandon de sa rénovation début 2000), et Aristide Briand (celui-ci a déjà entammé sa mue), vont être rénovés, notamment citons l’immense Rue Bordelaise qui va permettre de boucler la rénovation des quais sur le tronçon restant des quais historiques.

La rue bordelaise nous amène donc sur le périmètre de l’OIN Bordeaux Euratlantique qui a le même age que ce blog. Au début l’étude TGT parlait de créer un parc et de créer un quartier d’affaires sur les friches ferroviaires près de la gare de Bordeaux et sur le secteur Brienne, d’élargir la rue de Saget et de doubler l’entrée de la gare côté Belcier tout en transformant aussi les ateliers Amédée st Germain et Armagnac en bureaux et logements. Ci-dessous le projet de Reichen lancé en 2010 et la réalité en 2021.

Nous pouvons dire qu’une grande partie du contrat a été remplie. Même si le démarrage a été trop lent, le projet initial pas assez ambitieux ni harmonieux coté architectural, il a posé des bases (légales et administratives, maitrise foncière) que l’équipe suivante avec l’arrivée de la LGV a considérablement amélioré. Avant la ZAC sur Belcier, la démolition/reconstruction de la cité St Jean, qui a amélioré l’existant aurait pu être mieux réussie, plus ambitieuse, sans parler de la barre d’immeubles face à la gare historique qui gâche la perspective. La rue Domercq aussi secteur du pont du Guit, la rénovation du parvis de la gare (qui espérons-le ne sera pas bloquée pour connecter le quartier Amédée Nord à la gare) sont à terminer. L’ilot Santé Navale a hélas perdu sa place d’armes, mais cela a permis de créer un passage vers la place André Meunier elle aussi rénovée. La rue Bordelaise va permettre de supprimer l’hideux échangeur du pont st Jean en rive gauche, et de créer une rambla monumentale vers les quais devenus parcs d’ici 5 ans environ.

Coté Amédée, alors qu’il devait concentrer le quartier d’affaires, le chantier a été fortement retardé, le projet totalement repris, et si le secteur centre est en phase de gros oeuvre, les ilots nord et sud sont hélas dans le collimateur de la nouvelle mairie et de riverains opposés à toute transformation de fciches polluées alors que cela permettrait une continuité avec la ville ancienne.

Coté Armagnac, l’ilot test est fini, avec quelques étrangetés architecturales mais il reste globalement réussi. En face le macro lot quai 8.2 a des façades assez anarchroniques, mais cela a été corrigé par les bâtiments plus récents, surtout un parc sera créé derrière, avec des immeubles en partie en bois (la tour Hypérion qui mesure 50m vient d’être livrée, le chantier de la seconde tour en bois Silva débute). Le pont Amédé-Armagnac devenu pont de la Palombe est posé et prêt à ouvrir, il va révolutionner les liens des 2 rives du fleuve de fer. Le quartier d’affaires dans les faits s’est finalement localisé secteur Armagnac et sur les quais de Paludate et de Brienne. L’immense Jardin de l’Ars est désormais en aménagement, les immeubles sur son coté nord étant livrés.

Le pont TGV Garonne en 4 voies (avec la fin du bouchon ferroviaire rive droite) connecté à la LGV directe Paris-Bordeaux en 2H sont devenus réalité. La Halle Belcier aussi est une réussite avec son parvis, malgré le design discutable du parking silo sur son toit qui exhibe les voitures face au quartier ancien, à nos yeux une erreur… La couverture des voies ferrées et la double halle évoquées avant 2010 sont une potentielle phase 2 pas encore envisagée, à voir si la LGV vers Toulouse (puis Bilbao) arrive à se faire un jour, là encore un projet trop retardé. Pour la gare historiques, sa magnifique verrière est totalement refaite.

 

Sur les quais, la passerelle Eiffel a été restaurée en attendant de lui trouver un usage. La Méca est une réussite et très fidèle aux rendus initiaux, la halle Boca (Debat Ponsan) des anciens abattoirs est devenue un lieu de vie, le contraste est impressionnant, le tout mis en valeur par la Méca. Malgré quelques immeubles qui cachent la vue du fleuve, le quai de Paludate commence à évoluer, ne restent aussi que les discothèques les plus emblématiques qui vont se restructurer sur site. L’ilot Vinci et celui de la compagnie Fiduciaire ne s’insère hélas pas du tout dans le quartier. Mais les chantiers plus récents et à venir comme l’ilot Guyart vont corriger cette erreur, tout comme cela se fait sur l’ilot Cosa par exemple ou l’immeuble Tribequa.

La piscine se fera (trop) en retard via un porteur privé du projet (UCPA) et surtout l’aménagement des berges tant attendu a enfin débuté. Plus au sud, le secteur aval du Jardin de l’Ars est bien avancé (excepté le projet Lumi bloqué dans un imbroglio juridique). Le Jardin en lui même a gagné plusieurs hectares et son chantier est en cours, tandis que l’ilot Brienne verra un projet assez spectaculaire se réaliser d’ici quelques années? Reste aussi à revaloriser la cité Vernet ainsi que le quartier Gattebourse, des barres d’immeubles vétustes et peu esthétiques seront démolies pour ouvrir le quartier vers Bègles, le MIN devrait aussi se restructurer sur site. Entre les photos ci-dessous, nombre de hangars et de vieux immeubles ont disparu depuis.

De l’autre côté du Boulevard Jean-Jacques Bosc, il y a nombre de hangars et entrepôts de faible qualité, espérons que le secteur Bègles Garonne connaisse un jour une rénovation. La Cité Numérique (ancien centre de tri postal de Bègles) fonctionne malgré de nombreux retards. La cité Yves Farges rénovée au rabais lors du chantier du tram C reste à nos yeux un raté: insécurité, trop de minéralité et pas de vraie ambition. Ailleurs l’ancienne papèterie et le quai Wilson méritent une rénovation ambitieuse, prenant en compte le risque inondation.

Rive droite, le chantier du quartier du Bélvédère est enfin en cours, c’est un projet magnifique, qui réussit bien mieux que Brazza, Niel, les Bassins à Flots ou Belcier à tourner la ville vers le fleuve en mettant en scène l’entrée de ville par le pont st Jean rénové. L’échangeur autoroutier du Boulevard Joliot Curie va disparaitre et devenir une place monumentale. Le quai Deschamps est en rénovation, un parc commence à se déployer du fleuve vers l’arrière du quartier. Plus haut vers le quartier de la Benauge, la vide laissé par barre D enfin démolie va permettre (avec des nouveaux passages sous les voies du TGV) d’insérer un axe de transports vers Floirac. Coté Floirac, le parc Eiffel sera réalisé sur d’anciennes friches. Nombre de petits projets sont déjà livrés, la cité Libération a été démolie et reconstruite. La ZAC des quais est ponctuée par l’Arena et la clinique du Tondu qui y a finalement pris place (sont ancien terrain à Brienne devenant un collège).

 

Le seul grand retard restant le pont Simone Veil, mais dont les fondations des piles ont débuté (jusqu’en 2022) pour ensuite poser la charpente métallique (déjà prête) pour espérer une ouverture en 2024. Euratlantique sera finalisé en 2030, hormis la zone de Bègles, et déjà la transformation est visible. Logiquement la phase de gros oeuvre et de construction des immeubles est critiquée, mais viendra ensuite la partie espaces verts, parcs et équipements (déjà lancée) qui va finaliser la métamorphose.

 

Pour les Transports en Commun, et infrastructures, nous vous invitons a relire notre article dédié aux transports. En quelques mots, la phase 3 du tram est terminée, les extensions des lignes existantes A,B,C sont en service déjà depuis plusieurs années pour certaine, ainsi que la tant attendue ligne D. Reste le chantier bien engagé de la section Aéroport de la ligne A (hélas en voie unique) prévue pour ouvrir en 2022, la pose des rails début en ce moment même. Quant au BHNS (bus en site propre) tant décrié pour compenser l’absence de ligne E du tram de Bordeaux Gambetta vers Caudéran et st Aubin de Médoc, malgré de multiples recours, les travaux sont lancés, ce qui en ville va enfin permettre de rénover les Cours de la Marne et Aristide Briand. Faire passer la ligne ensuite par la rue Bonnac puis la rue Judaique/ de la République aurait été plus pertinent, l’espace étant plus large et presque rectiligne.

Nous noterons un fiasco du SDODM (plan des transports prévu pour 2030), qui a été simplement enterré (en partie) après les élections de 2020. Donc une partie du Campus et certaines branches pour le moment sont repoussées ou annulées (Cracovie rue Lucien Faure, Brazza, Cenon) et Talence Gradignan pour les lignes majeures. Elles semblent prévues mais vu le manque de moyens, la fantaisie des projets (téléphérique sur le fleuve), la saturation des transports semble hélas avoir de beaux jours devant elle. Sans parler de l’absence de moyens et de volonté des élus pour déployer le métro.

Côté bus, et piste cyclables, de nombreux couloirs ont été réalisés, y compris sur les Boulevards, mais les idées de lignes circulaires rive/gauche rive droite, ne sont qu’à l’état de projets, hélas, alors qu’au départ par exemple dans l’axe du pont Chaban Delmas un tram ou bus direct était prévu, les logements sont construits avant la ligne de transports…

Coté route, nous attendons que les boulevards soient enfin réalisés au droit du pont Chaban Delmas entre Brazza et l’avenue Thiers, ainsi que les voies sous les trémies TGV comme la rue Emile Combes de Floirac prolongée vers la Benauge à Bordeaux. Les Boulevards restent une inconnue quant à leur devenir. Nous attendons aussi le redressement de l’avenue de Larroque, l’intégration urbaine du Boulevard Aliénor comme cela a été fait avec succès rue Lucien Faure (et la suppression espérée de l’autopont place de Latule)… Mais la saturation reste actuelle car aucun élu ne favorise les nouvelles voiries, mêmes légères et arborées, de délestage pourtant nécessaires. Quai Deschamps ci-dessous, la piste vélos en création mais sans couloir de bus séparé des voitures?

La rocade a pardoxalement enfin avancé, les travaux des sorties 9 à 7 sont finis en voie centrale, sont en cours voies latérales, le chantier désormais attaque le dernier maillon (sorties 7 à 5), vu qu’heureusement la sortie 5/4 est déjà finie. Rive droite restera à revoir la sortie 26, sous-dimensionnée, et rive gauche les sorties 19 (vers Toulouse), 10 également. Plus haut après tant de recours, les travaux de la déviation du Taillan Médoc avancent pour une ouverture (espérons-le sans bocage) en 2022. Bien entendu, le Grand Contournement n’est plus d’actualité.  Au Sud, l’A65 vers Pau est en service, et l’A63 est passée en 3 voies dans les Landes, en attendant que le chantier se fasse enfin en Gironde.

Coté Ponts, on a eu un bel effet d’entrainement: après le pont TGV Garonne en 2008/2010, le pont Chaban Delmas (Bacalan Bastide) a ouvert et est une réussite depuis 2013. Il attire nombre de vélos, piétons, et permet d’améliorer la connexion des 2 rives, il a totalement redessiné la carte de la ville. Le pont de Pierre étant ancien et fragile va nécessiter de lourdes rénovations. Ce dernier est fermé depuis quelques années aux voitures de particuliers, mais le pont St Jean voisin a pris le relais pour boucler les Cours. Son design est daté, trop autoroutier, mais ses échangeurs et sa configuration va être rendue plus accessible d’ici 5 ans, mis en scène notamment par le quartier Belvédère. La Passerelle Eiffel devrait rertouver sa connexion (démolie comme prévu au départ pour tout le pont), avec la rive gauche.

La grande ombre au tableau a été les multiples retards du pont Simone Veil entre Bordeaux/Bègles et Floirac. Bien que le projet choisi (à notre regret) n’ait pas un design fort, avec des haubans par exemple ou une arche comme vu lors du concours, réaliser un pont très large (45m dont 18m dédiés aux vélos/piétons), s’est avéré être un fiasco en termes de gestion de chantier.

Le premier constructeur a abandonné le chantier en cours de route suite à un désaccord avec la métropole, chantier repris par Bouygues qui a redémarré les travaux des piles du pont (les fondations seront faites d’ici février 2022), pour ensuite poser la charpente (qui était déjà réalisée avant la rupture du contrat initial), avant une mise en service en 2024. A noter aussi que la trémie rive gauche est trop basse et occasionne nombre d’accidents, alors que l’on est près du MIN vers lequel circulent nombre de camions, là encore une décision anti-voitures aberrante. Malgré ce couac, les quais vont s’embellir, les accès au pont bien engagés seront paysagés, tout comme en rive droite. Depuis peu un autre pont en aval est évoqué, projet auquel nous croyons peu vu la permanente opposition à la moindre infrastructure, la largeur du fleuve et le coût astronomique d’un tel projet… Attendons donc de voir le pont Simone Veil en service car pour l’instant nous pouvons visualiser l’estacade sur le fleuve et aussi les voies d’accès qui ont avancé plus rapidement pour ne pas bloquer les quais.

 

Un autre secteur qui a beaucoup changé est celui de Bordeaux Nord et Lac et nous avons ici un secteur méconnaissable: le Grand Stade est en service mais hélas, entre la gestion pas optimale des concerts, la pandémie qui a coupé tout revenu et la situation inquiétante du club de foot des Girondins, le modèle économique reste fragile. Le stade sur le plan architectural, pour un coût moitié moindre que les autre stades de l’euro est très réussi en extérieur, un peu austère en intérieur, mais il fonctionne, la réalisation est fidèle aux rendus initiaux. Il a aussi face à lui le parc des Expositions en partie rénové (hall 2 refait à neuf pour créer une nouvelle entrée face au tram C prolongé en face). Mais la crise économique et sanitaire de la pandémie a gelé tous les congrès et événements.

Le quartier Ginko est presque fini, le dernier macro-lot Coeur Ginko alliant commerces et logements est livré, un peu dense mais bien réalisé. La maquette initiale est devenue réalité. A côté, l’ancien site IBM rasé va devenir lui aussi un secteur de logements. La rénovation désormais s’étend vers les allées de Boutaut et Auchan Lac qui a un immense potentiel foncier à remanier. Les places Ravezies et de Latule n’ont toujours pas hélas été revues. Le quartier Grand Parc a connu une rénovation de ses espaces publics, nombre d’ilots ont muté le long du tram C notamment, hélas souvent peu qualititatifs hormis les barres G,H,I habilement rénovées par Lacaton et Vassal architectes. Le gros souci reste le secteur des Aubiers, du Lauzun et de Cracovie (malgré la démolition de l’autopont du même nom). Espérons aussi une rénovation des boulevards nord, pas à la hauteur d’une ville comme Bordeaux et symboles de l’étalement urbain des années 1960/90.

Au lieu de démolir les barres comme à la Benauge (barre D rasée) qui sont obsolètes, oppressantes avec un agencement urbain qui favorise les traffics et l’insécurité (qui hélas se dégrade très rapidement), il y a des mini projets successifs sans ambition, de mini démolitions au lieu de totalement supprimer la dalle et les coursives restantes par exemple, pour réellement ouvrir la cité sur la ville. Il est regrettable que l’ANRU n’ait pas aidé ce quartier dans les années 2000, qui depuis sombre dans les difficultés.

Plus loin heureusement, malgré un design architectural parfois discutable, les Bassins à Flots ont radicalement changé, et la phase portuaire du projet a gagné en qualité, notamment le Quai des Caps (dont le cinéma ouvre ces jours-ci), ou encore les hôtels sur le port de plaisance enfin rénové. La Cité du Vin a été une réussite en termes de visiteurs, la scénographie parfois trop digital a été améliorée. Par effet d’entrainement, le Musée de la Mer et la rénovation de la Base Sous Marine ont donné vie au quartier. Il faut aussi noter que le pole nuit de la ville s’y est ancré, la pièce maitresse qui a accéléré le projet (lent à démarrer et modifié nombre de fois) est bien entendu la mise en service du pont levant. Ci-dessous, le plan guide, le quartier il y a 10 ans et en 2020, métamorphosé!

Sur la Rive Droite en 2011, le quartier coeur de Bastide était quasiment achevé, avec ses larges avenues et ses perspectives aérées. Les ZAC Bastide Niel et Brazza ont pris beaucoup de retard pour diverses raisons: absence de maitrise foncière, pollution des sols. Bastide Niel le quartier voisin a vu l’agrandissement du projet Darwin sur la Caserne Niel, hélas qui a tourné à la guerre des tranchées avec BMA l’opéarteur de la ZAC. Du coup l’allée centrale de la caserne n’a pu être refaite (les réseaux d’eau notamment). L’ilot Queyries et les archives sont livrés, assez étonnants sur la forme mais globalement réussis. Nombre de chantiers proche de l’Avenue Thiers, des quais et de la jonction avec Bastide 1 rue Abadie sont enfin lancés ou achevés. Les espaces publics seront moins minéraux, sous l’impulsion de la nouvelle mairie, ce qui donnera un certain côté village vert au quartier, appréciable. Nous attendons cependant que la connexion des voies entre les quais et l’Avenue Thiers avance (réouverture de la rue Niel par exemple?) car la parcelle centrale reste encalvée entre les rails abandonnés.

Pour Brazza, hélas le plan évoqué par KCAP avec une immense piscine à vagues en bord de fleuve, et une façade assez moderne et haute en retrait des berges a été réduit à un quartier assez dense et austère. Nous regrettons surtout, contrairement à Coeur de Bastide où les grandes voies (Allées de Serr par exemple) ont été réalisées en amont, que sur Brazza les axes majeurs ne sont toujours pas réalisés. Et la tendance actuelle à bloquer la voiture (sans être capables de fournir des transports en commun efficaces), risque de pénaliser le quartier de manière pérenne. Alors qu’un tram était même évoqué en droite ligne du pont Chaban Delmas, l’erreur a été de créer un carrefour routier en T temporaire qui bloque la traversée du quartier et créer des bouchons sur les quais des Queyries et de Brazza. Mais certains ilots  sont cependant intéressants (Innlove par exemple, et la rénovation de la halle Soferti aussi). Le gros des chantiers face aux quais est lancé, le quartier sera assez vert mais un parc supplémentaire pourrait s’y insérer sur les derniers fonciers pas encore lancés.

Nous avons ensuite l’Avenue Thiers dont la transformation a été assez disparate, sans coordination globale, y compris sur Cenon où de belles demeures ont été rasées sans considération pour y créer des bâtiments sans intérêt. Vient plus loin la cité de la Benauge en grande difficulté a vu un début de renouveau avec la démolition de la barre D, puis du collège à venir, l’ilot central sera un axe de transports traversant vers Floirac, qui manque tant au quartier. Par ailleurs un plan de transformation des divers boulevards autoroutiers ici aussi devraient améliorer le cadre de vie.

Sur les coteaux, les parcs ont été mis en réseau, nombre de cités délabrées ont été démolies pour résidentialiser le secteur, cela inclut aussi des équipements culturels comme le Rocher de Palmer (depuis 2010) dans le parc du chateau du même nom, la rénovation se poursuit sur Cenon et Floirac. A Lormont la salle Brassens Camus intégrée à un parc a remplacé des tours démolies depuis. A noter en plaine que le quartier Garonne Eiffel est un formidable coordinateur et accélérateur des projets. La salle de conerts Arena (en attendant le pont Simone Veil) aussi a redonnée de la visibilité au secteur fluvial de Floirac.

Pour finir, notre rubrique Grands équipements: bordeaux accusait un retard sur les grands équipements, notamment sportifs et culturels, heureusement nous avons rattrapé en grande partie le retard, mais hélas les nouveaux élus se montrent réticents aux projets monumentaux, dont certains (aquarium numérique sur le quai Deschamps), auraient été intéressants. Nous avons précédemment cité la plupart des réalisations: Grand Stade ouvert en 2015, Cité du Vin en 2016, Meca et Arena en 2018, Musée de la mer (en partie achevé) vers 2018, Cité Municipale en 2014, pont Chaban Delmas en 2013.

Le projet initial de la salle Arena a été complètement revue sous forme de Zénith, la Base Sous-Marine a vu son intérieur rénové en espace de scénographie lumineuse en 2020. Nombre d’hôtels et de restaurants étoilés ont aussi ouvert que ce soit aux Bassins à Flots, en ville (Grand Hôtel, tour du gaz devenue le Mama Shelter), ou encore l’ancienne faculté de zoologie au sud.

Les Cascades de Garonne sur Lormont ou le zoo de Pessac semblent pour l’un en retard et revu à la baisse, pour l’autre abandonné suite à un changement de maire de Pessac. Ajoutons à cela l’agrandissement/rénovation de l’aéroport hélas en partie suspendue en raison de l’effondrement du traffic aérien lié à la pandémie de Covid-19 et à l’inepte décision de supprimer la navette Bordeaux Orly indispensable à nombre d’entreprises aéronautiques du secteur déjà en difficulté. Une cité de l’air et de l’espace (projet Tarmaq) devrait se consrtuire pas loin de la base aérienne 106 de Mérignac Beutre.

Dans les grandes lignes, donc malgré quelques changements, évolutions et retards, la plupart des grands (et petits) projets et quartiers sont bien sorti de terre, globalement réussis. Les ponts Chaban Delmas restent les 2 connexions nord-sud majeures et symboliques de la ceinture des boulevards vers la rive droite, et leurs retards et la difficulité à les réaliser montre à quel point un ouvrage majeur doit être anticipé et son chantier mené à bien. Ce qui n’a pas suffisamment suivi restent les transports en commun, les ponts et la voirie, espérons une prise de conscience des élus ou un renouveau plus favorable, qui permettra à Bordeaux de boucler son grand projet urbain lancé en 2000!

 

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Quels progrès pour la place du végétal dans la ville?

Bonjour.

A l’approche des 10 ans de ce blog, Nous avons décidé de faire le point sur l’amélioration du cadre de vie, notamment végétal de Bordeaux. Revenant à notre article de 2016 sur la critique envers minéralité des places de Bordeaux, nous avons décidé de faire l’inventaire de ce qui a été réellement fait, de ce qui est prévu avant de terminer par nos suggestions.

Ci dessous un rendu (fictif) réalisé par William Boy que nous remercions, de notre vision de la rue Georges Bonnac optimisée, par la création d’une contre allée plantée et d’une terrase. Mélangeant une réorganisation des flux à une végétalisation d’une artère assez austère.

C’est aussi l’occasion d’actualiser notre dossier de 2015 sur comment Bordeaux a radicalement transformé son image tout en rendant hommage et justice aux auteurs de ces changements. En effet, depuis quelques années, nous déplorons un « bashing » de ce qui a été fait ces dernières années, après une période d’encensement, nous subissons des critiques amplifiées par l’alternance électorale. Ainsi nous proposons de mettre les discours à l’épreuve des faits (et des réalisations effectives). Vue d’ensemble de la ville de Philippe Caumes.

Tout d’abord avant 1995 sous l’ancien Maire Chaban Delmas et des élus métropoloitains, la ville a connu un développement spectaculaire, comme partout ailleurs. Sur le plateau de la rive droite, hélas nombre de domaines, de chartreuses et de multiples chateaux ont été défigurés par les ZUP et les cités (ci-dessous le Chateau du Prince Noir en 1950, sauvé de justesse de la démolition, et désormais accolé à la rocade du pont d’Aquitaine). En parallèle de la création de la Rocade sur Mérignac, Pessac, Talence et Bègles notamment, les activitiés industrielles, les zones pavillonnaires ont pris une place considérable. Cela nous vaut notamment les soucis de transports et de congestion actuels faute d’un développement coordonné, et lié à l’inachèvement de nombre de routes après 1975 et le choc pétrolier.

En contre-partie, le secteur du lac marécageux et inondable a été assaini, par le creusement du lac et la préservation d’espaces naturels immenses. Enfin cela a été la tendance partout en France, les infrastructures massives ne se souciaient pas des paysages et des constructions existantes lors de leur planification. Cela a commencé peu à peu à évoluer. En centre-ville, le secteur sauvegardé a été créé en parallèle de la démolition sur plusieurs hectares du vieux quartier Mériadeck, dont nous regrettons la disparition de son emblématique place arborée et animée. Ici en arrière plan près des premiers immeubles rue du Chateau D’eau et de la Poste, nous voyons l’ancienne place face à la mairie, une photo en couleur très rare de la phase de transition, années 1960 probablement.

Quid ensuite en 1995? Le maire nouvellement élu Alain Juppé hérite d’une ville sombre, sale et en déclin. Surtout une ville que nous mêmes avons connu était assez enfermée dans son hyper-centre, isolée des quais et de la rive droite qui était un no man’s land de friches industrielles. Le premier hommage que nous souhaitons rendre s’adresse aux paysagistes Michel Corajoud et Dominique Perrault. les photos plus bas sont prises à quelques années d’intervalle au même endroit!

En effet l’immense pari de l’équipe municipale à ce stade (déjà engagé sous le mandat précédent) a été de décider de « jardiner les quais » au lieu de les bétonner (contrairement aux premières idées envisagées). Notre passion et ce blog notamment sont apparues en arpentant ces quais au fil de leur spectaculaire transformation sur environ 10 ans, le tout en parallèle du chantier des 3 premières lignes de tram. Ci-dessous l’actuel parc des Berges st Michel alors industriel, et ensuite le projet avorté de Ricardo Bofill (sous Chaban), abandonné qui visait à construire la rive droite jusqu’au fleuve, à droite le parc des Berges actuel qui améliore aussi la gestion des crues en protégeant les habitations.

Vue de l’ensemble des quais sur Bordeaux Vue du Ciel, la photo date des années 2010 environ. On y voit l’immense Jardin Botanique (Françoise-Hélène Jourda-Raymond Sarti) également au premier plan, gagné sur d’anciens rails et hangars désaffectés.

A l’époque, suite à des travaux titanesques, nombres de hangars en ruine, d’immeubles et de friches sont devenues une promenade plebiscitée, l’autoroute des quais à 6/8 voies par endroit est redevenue un boulevard urbain. Coté changements, la façade des quais rive gauche a été plantée de jardins (Jardins des lumières) autour du mirroir d’eau, de prairies (des Girondins). Des esplanades aborées comme minérales ont pris place face au fleuve et ne désemplissent pas aux beaux jours. Ci-dessous l’actuel parc des Sports st Michel et le mirroir d’eau sur un ancien hangar et des parkings.

En face, près de l’ex-gare d’Orléans malmenée par le temps, devenue depuis un cinéma, le quai des Queyries était sinistre, il est devenu une façade végétale avec l’immense parc aux angéliques, étendu ensuite jusqu’au pont Chaban Delmas d’une part et vers le pont st Jean de l’autre côté. Le Jardin botanique fait également partie des réalisations remarquables du quartier alors très minéral de friches ferroviaires. Cette opération appelée Coeur de Bastide par Bordeaux Métropole Aménagement sur cette vidéo a eu le mérite de créer de larges espaces verts et des immeubles assez espacés également, même si la gestion de la densité n’est pas optimale (étalement urbain), en cadre de vie, le lieu est apprécié. La vue de 1991 montre le nombre d’entrepôts, les rails et l’absence de toute plantation face au fleuve, la rue Niel à droite était assez sinistre également, elle est actuellement en travaux. Face aux quais un immense parc a pris la place de la route (reculée) et des installations en ruine du passé.

 

Au Nord, on a hélas vu nombre de sites maraichers, sur Bruges notamment disparaitre, mais en parallèle, les zones en friches autour du lac de Bordeaux créé dans les années 1960 sont devenues l’éco-quartier du Lac Ginko. Bien que très critiqué, surtout en raison de ses phases 2 et 3 assez denses, ce secteur a été fortement végétalisé et par effet d’entrainement permet de planter les Allées de Boutaut (suite à la suppression de l’autopont de Cracovie). Sur les photos de du compte instagram Bordeaux_chantiers récentes, nous voyons que l’eau et la nature se sont très vite développées en 10 ans. Malgré quelques soucis pas anticipés, comme les nuisances liées aux moustiques, quelle gestion d’autant plus qu’avec le réchauffement climatique, des espèces invasives comme le Moustique Tigre et le Frelon asiatique posent question. Fait-il accoller la nature si près des logements?

Plus proche du fleuve, l’un des gros ilots de chaleur de la ville est en cours de plantation, autour de la promenade des Bassins à Flots. Il suffit de comparer le choc visuel du boulevard Lucien Faure avant/après (ci-dessous en 2008 puis en 2021), devenu apaisé, arboré, bordé d’activités et de logements. Il y a également les sentes entre les programmes immobiliers terminés. Le quartier a plusieurs secteurs: rue Lucien Faure avec une maitrise foncière qui avait été anticipée (et de par l’abandon de l’école rue de la Faiencerie en raison de sous sol pollué), on aura donc ici plus de parcs et d’espaces libres. Le secteur nord des bassins est très (trop) dense, la tentative de ZAC des années 2000, n’ayant pas eu les financements, un PAE a été lancé pour limiter la casse.

Le moins réussi en termes de parcs et de places publics, concerne les rues de Gironde, de New York, des Etrangers et Blanqui car ces zones sont trop denses. Un parc reste malgré tout prévu derrière la Base Sous Marine et la mairie actuelle étudie des possibilités de plantation sur le toit. Surtout ici le port a trainé (pour des raisons financières et politiques) dans l’aménagement de la plaque portuaire, mais désormais la végétalisation va s’amplifier. Pour le coup, la nouvelle majorité a une idée prometteuse de créer un corridor végétal continu vers le lac, probablement sur l’emprise de l’avenue des Français Libres.

 

En face quartier de Brazza, là aussi un PAE a été mis en place faute de maitrise foncière. Le quartier semble en apparence assez dense et les immeubles très proches les uns des autres par endroits. Mais les rendus et les plans laissent aussi entrevoir de la végétation, dans une forêt de peupliers notamment face au pont levant ou encore au bord de la voie ferrée presque inutilisée devenue la Brazzaligne… Les Allées de Brazza et leurs lanières parallèles vont aussi permettre de traverser le quartier de manière apaisée. Cependant pour le coup, l’idée de renforcer la végétalisation est nécessaire.

Bastide Niel est le quartier voisin en ZAC, la nouvelle mairie de Pierre Hurmic a amplifié la végétalisation du quartier. Il faut dire que le quartier se veut un mini-centre ville assez compact avec des jardins de poche, ils vont aussi préserver la place d’armes, même si nous aurions par exemple souhaité prolonger les Allées de Serr transformées en une coulée verte (comme à Sceaux près de Paris). Le plan guide a créé des constructions en continu hélas au lieu de les prolonger pour d’éventuels transports futurs.

Plus loin le secteur Benauge Joliot Curie connait 2 immenses zones de chantier: la cité de la Benauge dont le Parc Pinçon existant sera étendu, tandis que les terrains libérés par certaines démolitions (barre D et ancien collège) vont permettre un meilleur maillage et une aération du quartier.

Garonne Eiffel, à la frontière de Floirac est un autre gros dossier, déjà le quais Deschamps est devenu un parc sous la tutelle des paysagistes Cribier-Ecoutin. La tête de pont Saint Jean qui était un échangeur autoroutier avec des arbres et un talus devient le quartier du Bélvédère. En compensation de très nombreuses plantations entourent l’Allée des Abeilles et remplacent d’anciennes friches industrielles. Le tout sera agrémenté du parc Eiffel derrière le pont TGV, tandis que les berges du quai de la Souys à Floirac vont rattraper le futur pont Simone Veil à terme. Ce parc permet de transformer des friches artificialisées et polluées tout en servant de réservoir en cas de crues.

Coté rive gauche, la ZAC Saint Jean Belcier a justement, malgré les critiques infondées de bétonnage, a transformé l’un des pires ilots de chaleur (rue des Maraichers/Carle Vernet), en parc urbain. La surface initiale assez limitée a au final été largement agrandie. Pour l’instant ce qui concentre les critiques des riverains et opposants à l’OIN Euratlantique est que l’on voit des chantiers d’immeubles et de voiries, sur un temps court. Il faut penser à long terme, après des années de préparation, d’études et surtout de rachat de foncier, le jardin est en cours d’aménagement. La dépollution et le terrassement du Jardin de l’Ars réalisés, la phase de plantations a débuté, ci-dessous une visualisation du futur parc.

Le projet aurait pu démarrer dès 2015 de Base paysagistes. Au final il a été totalement revu par l’équipe OLM. Le parc des marées initial a été abandonné suite au renforcement du PPRI (plan anti-crues), surtout il était au départ minéral, la version finalisée sera bien plus verte et ponctuée de zones humides. Ici il est important de noter que faire un parc est complexe et représente un budget important, par exemple les dépollutions, désamiantages et démolitions des hangars industriels et commerciaux pré-existants. A chaque nouvelle opportunité, l’OIN créée des espaces naturels, par exemple Armagnac Sud, ceci sur le gain de surface lié à une plus grande hauteur des constructions environnantes (tour Hypérion réalisée et tour Silva à venir).

Autant sur Bastide Niel, la nouvelle mairie a montré une approche constructive, autant nous regrettons que le maire tente de bloquer les projets Amédée Nord et Sud. Tous les coups partis avant l’élection ne peuvent (heureusement) être interrompus, il reste donc le secteurs Gattebourse et Amédée aux mains de la SNCF, et le MIN aux mains de la métropole. Ce dernier sera optimisé sur site, ouvert sur la ville. Le projet Gattebourse devrait ouvrir le jardin de l’Ars étendu sur les boulevards vers Bègles. Hélas Amédée Nord et Sud, bien que perfectibles semblent faire les frais desous la pression des riverains hors ZAC (quartier du sacré coeur), au lieu de négocier un compromis comme proposé par l’EPA. Sur la photo nous voyons bien un lieu de friches, un ilot de chaleur et un foncier disponible pour du logement. Sur le rendu plus bas de la zone centre, la preuve que le quartier sera intégré avec des parcs et des espaces verts malgré de fausses accusations.

Il se trouve que l’on manque cruellement de logements (sociaux notamment) et de parcs dans le secteur. Or créer  un parc implique la relocalisation des activités: ferroviaires, économiques, l’achat du foncier et la dépollution, ce qui visiblement n’est pas intégré dans leur approche sur ce quartier précis? Le terrains appartenant à la SNCF (donc l’Etat) espérons que le bras de fer à venir se fasse en faveur d’un aménagement de cette friche, car supprimer les 48000m2 de bâti au sud et 18000m2 au nord, la rénovation de barres vétustes de logements ICF, implique paradoxalement l’abandon d’un espace vert sur cette zone, car il est peu probable que la SNCF cède ses terrains gracieusement, ou que la mairie augmente les impôts pour les racheter. Surtout cela est un non sens total, ne pas contrsuire de logements sociaux essentiellement dans un quartier sous les 6% empirera l’étalement en périphérie sur des terrains naturels ou agricoles…

Ci dessous le désir des riverains, face aux compromis réalistes et possibles, financièrement comme logistiquement parlant, rappelons que ces terrains SNCF sont en bord de voie ferrée centenaire, le bon sens voudrait donc qu’ils soient prioritaires ici pour se loger sur place et travailler dans des locaux rénovés.

Pour ce secteur, notons que le travail de désatrificialisation des sols a été lancé depuis plus de 10 ans sous l’équipe qui a lancé l’OIN (Alain Juppé pour Bordeaux, Vincent Feltesse pour la métropole, et les maires de Bègles et de Floirac). L’OIN a fait un énorme travail et il est bien visible dans les secteurs finalisés: Armagnac Nord, gare, et quai de Paludate. Surtout un immense travail est engagé dès cet été: transformer les berges depuis le pont st Jean jusqu’au pont Simone Veil (puis vers le pont Mitterrand à très long terme). On a attendu très longtemps, entre les études, le déclassement de l’autroute des quais, mais nous allons enfin voir cette transformation à l’oeuvre.

 

La rue Bordelaise aussi va accélérer la transformation de l’échangeur du pont Saint Jean (à demi supprimé), en parc face au chateau Descas. Cette opération bien que critiquée se fera heursement, surtout qu’elle finance aussi les travaux du parc Descas. Pour celle-ci, la nouvelle mairie a montré une approche constructuive (ils ne pouvaient de toutes façaons bloquer le projet fort heureusement), ils ont donc travaillé le contenu du parc, et demandé que sa réalisation soit finie d’ici 2024.

En centre-ville, le coeur est très étroit et fait de ruelles minérales, et combien ont été rendues aux piétons (rue du Pas st Georges ci-dessous avant et après rénovation), combien d’arbres et de massifs ont été plantés? Cours du Chapeau Rouge on avait une voie rapide, place Jean Jaurès un parking, tout comme sur le mirroir d’eau. Toutes les placettes, St Pierre, st Projet, Camille Julian, ste Colombe, Nansouty ont été agrémentées de plantations. La nouvelle mairie va même renforcer le nombre d’arbres place Pey Berland souvent critiquée car trop minérale. C’est déjà fait place st Projet, une initiative à laquelle ici nous adhérons.

Ci-dessousn voici en rouge le plan des arbres qui sont en cours d’installation place Pey Berland et ensuite un exemple de Micro-forêt rue Billaudel. Plusieurs forêts de ce type devraient voir le jour en ville. A droite la place Nansouty devenue en partie piétonne lors de la réalisation d’un immense réservoir souterrrain pour éviter les inondations.

Parmi les places disparues, notons l’ancienne place Mériadeck dans les années 1960/70 et le square André Lhote qui a été lié à la construction de la Cité Municipale, cependant, la place voisine devant le musée a été végétalisée, tout comme la rue st Sernin (photo aérienne en bas). Le square des commandos comme la rue du Chateau d’Eau face aux tours Allianz ont perdu des arbres, mais le but était de sécuriser les accès et de permettre aux mobilités réduites d’accéder à l’esplanade Charles de Gaulle (à gauche dans les années 1980). Ici nous regrettons terriblement que l’idée géniale de Flint architectes d’abaisser le Jardin Charles de Gaulle au niveau de la rue en supprimant le tunnel ait été avortée, faute de budget surtout. Car le récente Mériadeck a un immense parc méconnu et peu accessible entre ses immeubles.

 

Plus récemment en hyper centre, la place Tourny a été refaite, il est vrai restant très minérale comme celle de la Victoire, mais dans les 2 cas, il y a des réseaux et ce sont des noeuds stratégiques, visibles sur les 3 photos ci-dessous. La place Paul Doumer a été refaite plus loin, de même que les grands axes longeant le tram D (rue Fondaudège). Le chantier du BHNS vers Caudéran va aussi permettre la rénovation de certains Cours du centre ville.

Il existe tant de places comme André Meunier, la place Dormoy qui vont être ou ont été rénovées. Il est vrai que la place st Michel est restée trop minérale sur la première photo (comme celle des Capucins). Un travail de squares plantés (le square vinet par exemple), la Promenade Sainte Catherine, le Jardin des Faures ou la rue Kléber tentent d’atténuer les ilots de chaleur en été. Les micro forêts Mirawaki sont un concept importé du Japon qui sont l’un des pilliers du programme Bordeaux Grandeur Nature du nouveau maire. L’idée est louable, après est-il préférable d’avoir une micro forêt écologique, ou un square planté avec par exemple une aire de jeux d’enfants? Un équilibre doit être trouvé, pas simple vu la compacité du centre ancien.

L’emblématique place Gambetta a posé de gros soucis, sa rénovation a trop attendu, et l’acceptabilité au changement a été réduite, il y a eu une forte opposition à sa rénovation, 17 marronniers anciens ont été coupés, le mini lac a été supprimé. Mais ces critiques occultent aussi que le côté Est de la Place est devenu presque piéton, que le jardin a été agrandi, de nombreux arbres plantés. Il faut juste attendre qu’ils se développent. Si elle avait été refaite avec le reste du quartier en 2000, cela aurait posé moins de soucis, mais en même temps, pouvait-on supprimer en 2000 la majorité des voies circulées comme en 2021, cela nous parait peu probable.

Quid pour l’avenir? Que souhaitons-nous? La bonne nouvelle est que les projets engagés sont très ambitieux, dans 10 ans le projet Bordeaux 2030 d’Alain Juppé, complété par Bordeaux Grandeur Nature de Pierre Hurmic auront largement renforcé la surface plantée de la ville. A Bègles on aura la suite du projet Euratlantique, Bègles Garonne qui reconquérira les berges industrielles sur la gauche de cette vue aérienne. En face il y aura un bois au débouché du pont Veil sur Floirac (le chantier des piles dans le fleuve ayant effectivement débuté en avril 2021).

Sur les plateaux de la rive droite, l’ANRU qui a démoli/reconstruit des pans entiers de ville, cela a aussi permis de reconstituer une armature commune: le magnifique parc des Coteaux qui restaure aussi la grandeur passée des multiples chateaux en rive droite. A Mérignac, secteurs avenue de la Marne et sur la zone commerciale de Mérignac Soleil, l’autopont disparu depuis 10 ans, le parking de Carrefour a été restructuré en silos, et le monopoly des surfaces commerciales est spectaculaire. On passe d’une zone de « boites à chaussures » et très bétonnée, à un parc habité, planté, les enseignes se regroupant dans des immeubles neufs sur plusieurs étages en bord de rocade. Le président de la Métropole, maire de Mérignac Alain Anziani coordonne ce projet, malgré quelques ratés de la ville dans les années 2000, par exemple en coupant les arbres centenaires du centre ville, elle les a replantés depuis.

 

Nous aimerions voir la ville de Bordeaux, plus que de bloquer Amédée nord et Sud, se concentrer aussi sur l’une des zones les plus arides et ingrates de la ville: la place de Latule, la place Ravezies, le boulevard Aliénor et le secteur dit Alfred Daney. Pour le coup, le modèle de Mérignac Soleil prouve qu’un changement est possible ici, c’est même une source de foncier pour créer des logements, une continuité de parcs également car Auchan Lac aurait tendance à se lancer dans l’immobilier et à restructurer son site, pour aussi compenser la baisse de fréquentation des hyper-marchés. Si comme prévu le traffic routier est dévié par l’Avenue de Larroque prolongée vers le boulevard Aliénor d’Aquitaine sur le plan de droite, il faudra repenser en profondeur la place de Latule et son autopont provisoire depuis les années 1970 toujours en service!

En ville aussi, il y a les Boulevards, chantier compliqué et immense, en effet, une partie entre le secteur de la barrière Judaique à la barrière du Médoc, et plus loin  le secteur de la barrière d’Ornano jusqu’à la Route de Toulouse, est très étroite, les arbres ont disparu depuis longtemps. Comment concilier bus, vélos, voitures (que l’on ne peut supprimer car elles représentent la majorité des trajets), et plantations? Plus au nord, à partir du Grand Parc, le boulevard large peut être embelli et arboré, au sud, nous proposons une contre allée gagnée sur les hangars en friche et l’habitat délabré, faute de pouvoir remplacer les platanes centenaires (qui pourtant s’ils étaient remplacés permettraient un passage pour tous les modes, ainsi qu’un meilleur couvert végétal). N’oublions pas la boucle en rive droite des boulevards en développement. Le quai des Queryies et celui de Brazza ou le quai Deschamps seront plantés prochainement nous le souhaitons (comme devant la caserne Niel et le siège de SudOuest), l’Aurba a lancé une étude sur le sujet.

En ville, il reste nombre d’axes à requalifier, nous avons tenté avec William Boy que nous remercions de modéliser la rue Bonnac pour la planter sur l’idée de Flint, en créant une terrasse exposée au sud et une contre-allée, une vision flexible, futuriste mais espérons-le qui se conrétisera un jour! Nous allons essayer de proposer des rendus réalistes dans la mesure du possible pour aider les élus et les habitants à visualiser le potentiel négligé/oublié de la ville, alors que parfois, des aménagements légers et flexibles (réversibles) peuvent grandement améliorer le cadre paysager de la ville.

Pour conclure, un immense travail a été fait par tant d’architectes et de paysagistes, dont hélas nous n’avons pas forcément tous les noms, et cet article leur est dédié, car en effet certains élus ont été visionnaires en la matière. Parfois injustement critiqués pour le bétonnage de la ville, en réalité bien conseillés par ces paysagistes, ils ont initié le retour de la nature à Bordeaux. Cet aspect semble évident aujourd’hui, beaucoup diront que pas assez d’efforts ont été faits, mais remettons les choses en 1995 notamment, parler d’environnement n’était pas une évidence, la voiture était reine.

La mairie actuelle envisage de renforcer le couvert végétal de la ville (ci-dessus futurs arbres place Pey Berland), ce qui en soi est une bonne chose, mais espérons qu’elle se montre aussi réaliste, en autorisant de construire plus haut, sur des friches industrielles et commerciales (rue Amédée Saint Germain notamment), sans quoi l’étalement urbain empirera en périphérie. Nous espérons aussi que comme la ville de Mérignac l’a compris, les élus de Bordeaux se penchent urgemment sur la transformation du quartier Nord et du Lac, (zone Auchan et Alfred Daney) car pour le coup, là il y a non seulement un réel potentiel, mais surtout urgence à requalifier ces ilots de chaleur!

 

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